Des papiers pour Mory, le droit d'étudier ici ! Retour sur la mobilisation
Ces derniers mois les étudiants et étudiantes du Réseau Université Sans Frontières 49 (RUSF) se sont
mobilisé-e-s autour du cas d'un étudiant guinéen menacé d'expulsion.
Mory Camara est un étudiant guinéen en deuxième année à la fac de sciences d'Angers. Le 4 février 2008 il recevait une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). À partir du 4 mars il
se trouvait donc en situation irrégulière.Pour des raisons médicales, il n'avait pu participer dans de bonnes conditions aux examens. Il a donc fournit un certificat médical à l'université comme
le fait tout étudiant ou étudiante absent-e lors d'un examen. La préfecture a cependant refusé le renouvellement de son titre de séjour pour cause de non validation des examens. En effet, la
préfecture n'a pas reconnu le certificat médical que Mory avait présenté à l'université, ce certificat n'étant pas fourni pas un médecin agréé par la préfecture et le ministère de l'intérieur.
Une mobilisation s'est donc mise en place, impulsée notamment par le RUSF 49. Le 15 mars et le 5 avril quelques 150 manifestant-e-s ont défilé dans les rues d'Angers pour réclamer la
régularisation de Mory, et dénoncer la politique migratoire xénophobe de l'État français. Dans le même temps un recours juridique a été lancé, Mory ayant déposé avec son avocate un recours au
Tribunal Administratif (T.A) de Nantes. Ce recours a été jugé le 14 mai dernier. Une trentaine de militant-e-s nantais-es et angevin-e-s étaient présents pour soutenir Mory. Victoire! La
préfecture a en effet fait marche arrière lors de ce jugement. Elle a donc décidé d'elle même d'annuler l'OQTF de Mory et de verser à ce dernier 1200 euros de dommages et intérêts. Mais ne nous
emballons pas, les cas d’étudiants et d'étudiantes étrangers sous menace d’expulsion et soumis au contrôle de leur cursus universitaire par les préfectures lors du renouvellement de leur titre de
séjour sont récurrents, on exige d'eux un parcours quasi «sans faute» et sans possibilité de réorientation. Des excuses qui leur permettent de "justifier" les expulsions à tour de bras.
L’université, présentée comme un lieu d’accueil et d’échange, n’est en réalité pas à l’abri de cette chasse aux sans-papiers entretenue par les gouvernements précédents et accélérée par le
ministère de l'immigration et de l'identité nationale ces derniers mois.
Par RUSF 49
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